Trop de communication tue la motivation?

Une étude du Luxembourg Institute of Socio-Economic Research (Liser) démontre que certains logiciels censés faciliter la communication en entreprise peuvent avoir un effet négatif sur la motivation des salariés, avec pour conséquence une baisse de la productivité.

Les notifications qui apparaissent en temps réel dans le coin de son écran d’ordinateur seraient-elles contre-productives? Une récente étude du Liser qui s’intéresse à l’impact des technologies de l’information et de la communication sur la motivation des salariés montre que l’usage des groupwares, ces logiciels qui permettent des échanges instantanés d’informations, tels que Messenger, Dropbox, Skype ou Exchange, a un effet nocif sur l’implication des employés. Ils engendreraient même de l’anxiété, conséquence directe de l’infobésité ou surinformation à laquelle tendraient les salariés concernés. Un phénomène de plus en plus répandu, qui pousse aujourd’hui les syndicats luxembourgeois à demander un droit à la déconnexion comme il en existe en France depuis l’année dernière, mais dont le bilan est pour l’instant mitigé. À l’inverse, les technologies d’information «désynchronisée» réduisent le sentiment d’être disponible à tout moment et parviennent à créer de la motivation. «Si les groupwares mettent la pression sur l’individu en lui montrant constamment que les autres travaillent et en l’encourageant indirectement à être toujours plus réactif, les logiciels de workflow et l’intranet augmentent l’intérêt du salarié pour son travail», explique Ludivine Martin, l’auteur de cette recherche pour le Liser.

Un impact à suivre de près
Il n’empêche que certains outils informatiques sont indispensables aujourd’hui. L’e-mail professionnel, par exemple. Selon des résultats provisoires d’une autre étude du Liser, cet outil aurait un effet bénéfique sur la motivation des employés s’il est appréhendé de façon raisonnée. 

Cependant, en cas d’utilisation intensive, il a pour conséquence de diminuer la productivité, ainsi que l’autonomie du salarié. En effet, celui-ci serait plus enclin à laisser aux échelons hiérarchiques supérieurs le soin de prendre les décisions. C’est notamment le cas quand un nombre trop important de personnes est mis en copie d’échanges de mails. Pour la communication sur des projets précis, il est donc recommandé d’utiliser des logiciels de workflow. «La digitalisation de l’environnement de travail a un impact direct sur le fonctionnement des organisations et il est important d’en avoir conscience, rappelle ainsi Ludivine Martin. Les gouvernants s’intéressent aujourd’hui plutôt aux effets de l’intelligence artificielle sur le travail, mais il ne faut pas oublier que la digitalisation existe depuis longtemps et affecte aussi les travailleurs.» À l’heure de la transformation digitale de l’économie voulue par le gouvernement, le Liser entend se pencher de très près sur ses effets sur le travail et l’emploi. Plusieurs études et expérimentations sont en cours ou seront lancées dans les mois à venir, notamment sur le phénomène de plus en plus répandu de l’hyperconnexion. 

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