Crowdfunding… pour accompagner les porteurs de projets

• LA LOI 15-18 RÉGISSANT LES ACTIVITÉS DE FINANCEMENT COLLABORATIF (LE CROWDFUNDING) VIENT D’ÊTRE PUBLIÉE AU BULLETIN OFFICIEL.
• L’ÉCOSYSTÈME ENTREPRENEURIAL A BESOIN DAVANTAGE DE MULTIPLICITÉ DE PLATEFORMES MAIS AUSSI D’UN CADRE SOUPLE POUR ATTIRER LES PORTEURS DE PROJETS.

 

Une nouvelle aubaine pour les TPME et autres start-up. La loi 15-18 régissant les activités de financement collaboratif (le crowdfunding) vient d’être publiée au Bulletin officiel. Ce cadre juridique contribuera à la mobilisation de nouvelles sources de financement au profit des TPME, associations et autres porteurs de projets ne pouvant pas souscrire un prêt bancaire. Composée de 70 articles, cette loi prévoit trois types d’opérations de financement, par le biais d’une plateforme électronique éditée et gérée par une société de financement collaboratif, notamment le financement des projets. L’objectif de son entrée en vigueur est de remettre de l’ordre dans ce domaine et favoriser un plus grand accès des entreprises et des porteurs de projets à des sources alternatives de financement.
Clairement, les porteurs de projets auront besoin d’aide comme jamais. Et pour cause, beaucoup d’entre aux vivent des moments difficiles et sont fragilisés par le manque de financement, certains ne tiennent qu’à leurs fonds propres …
Compte tenu de la spécificité de leur modèle de développement qui nécessite un important investissement de départ, avant de parvenir à la rentabilité, il convient de prendre des mesures d’urgence spécifiques, afin de les soutenir. D’autant plus que beaucoup de jeunes pousses n’arrivent pas à tenir à cause des retards de paiement des grandes entreprises, première cause de mortalité des petites structures.
Pour Adnane Addioui, fondateur du centre marocain pour l’innovation et l’entrepreneuriat social (MCISE), «bien que la loi soit salvatrice, nous avons tout de même accumulé dix années de retard. Pour que l’écosystème marocain soit réceptif à ce type de financement, il faut changer de mindset. Le crowdfunding est encore récent au Maroc et pour que le concept ne soit pas avorté, il faut apporter un minimum de souplesse car il est complètement différent de la logique bancaire classique. C’est une relation d’individu à individu, le texte de loi doit faciliter cette relation et la réglementer pour pouvoir servir les citoyens». Et de poursuivre : «La mise en place de plateformes reste primordiale pour attirer davantage de porteurs de projets. Pour exemple, la majorité des plateformes dans le monde ont un statut d’entreprise sociale ou entreprise d’intérêt général qui bénéficient de nombre d’avantages comme l’exemption de taxe, crédit d’impôts, subventions publiques… D’autres plateformes sont également affiliées à des grands groupes qui leur permet d’avoir une assise solide».

L’argent reste le nerf de la guerre des plateformes
Il faut rappeler que le crowdfunding est un mode de financement de projets par le public. Il permet de collecter des fonds, généralement de faibles montants, auprès d’un large public, principalement en vue de financer l’entrepreunariat des jeunes et l’innovation. Il fonctionne à travers des plateformes internet permettant la mise en relation directe et transparente entre les porteurs de projets et les contributeurs. Ces activités prennent trois formes de financement, à savoir le prêt, l’investissement en capital et le don. Ceci dit, plusieurs plateformes spécialisées dans le crowdfunding seront amenées à naître pour accompagner l’écosystème entrepreneurial marocain.
A l’image de Wuluj, plateforme de MCISE, qui reste l’une des rares plateformes qui existent actuellement et qui œuvre depuis 2016. «L’argent reste le nerf de la guerre des plateformes. Sans le soutien financier de partenaires internationaux, Wuluj n’aurait pas survécu. Nous avons besoin d’argent pour attirer les jeunes. Par exemple, durant la pandémie, nous avons pu réaliser des levées de fonds à travers des dons qui ont été versés pour la distribution de paniers alimentaires aux familles touchées par les conséquences de cette crise», poursuit M. Addioui.
A travers la plateforme, la start-up Idyr, une marque d’accessoires de mode éthique et durable, qui accompagne et soutient les artisans et familles en situation précaire, a pu également lever des fonds pour garantir la continuité de son activité et soutenir les employés de la marque. Ainsi, Wuluj.com a pu soutenir 36 campagnes de levée de fonds dont 7 campagnes de start-up.

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